J’ai fait mes premiers pas sur scène comme on met les pieds dans un lac à l'aube de l'été : vulnérable et enthousiaste. J’ai ouvert une porte, j’ai vu le public et j’ai mis une orteil. Le monde ont ri. Une autre orteil; le monde ont ri encore. J’ai appris instantanément que la vulnérabilité était une force et que ma joie de vivre était contagieuse.
Inspiré principalement à mes débuts par Yvon Deschamps, je revendiquais le titre de monologuiste qui faisait des pièces-monologues à saveurs réflexives et humoristiques. J’ai créé mon premier seul en scène Merci pour tout/De rien du tout en 2006. Grâce à une bourse du Fonds Bas-Saint-Laurent pour les arts et lettres du CALQ, j’ai promené ce spectacle à la grandeur de ma région natale.
Avec mon deuxième spectacle, À suivre!, j’ai débuté une histoire d’amour avec la France où j’ai joué plus d’une centaine de fois depuis 2010.
En 2012, le ROSEQ me sélectionne pour les Entrées en scène Loto-Québec et salue ma démarche. Dans la foulée, je crée À quoi Serge ? en résidence au Théâtre du Bic. Mon style, peaufiné dans mon quatrième solo intitulé Pas brillant mais lumineux était à la croisée de l’humour et du théâtre.
Suite à des invitations régulières des Dimanches du conte et à une rencontre marquante avec le travail du conteur Cédric Landry, je me suis éloigné petit à petit d’une certaine théâtralité pour me rapprocher de l’oralité au sens pur : une plus grande écoute du public qui me permet de jouer autant avec les mots écrits que les moments improvisés.
Cela donnera l’impulsion créative pour Réal, mon premier conte urbain empreint de tendresse qui raconte ma relation avec un itinérant que j’ai invité à coucher chez moi. Si avec Réal, j’ai amorcé ce regard d’un gars de région sur une certaine montréalité, ainsi qu’une première tentative de relation entre des humains ordinaires aux histoires extraordinaires, j’ai approfondi ces deux aspects dans Conte urbain d’un psycomique de région.
Avec le conte, j’ai la sensation de toucher à mon moi pur. J’ai ce sentiment émouvant d’avoir trouvé ma famille artistique. Une liberté d’être pleinement qui je suis se révèle. Je peux assumer totalement le côté touchant de mon identité, tout en conservant le côté drôle qui agrémente mon persona. L’humour est un outil, pas une finalité. Drôle et touchant, l’un ne va pas sans l’autre.
Je crois qu’être à l’affût de ce que le milieu du conte peut m’apporter fait qu’à mon tour, je pourrai y contribuer. Explorateur de nouvelles avenues, je crois que le conte se doit d'être un art vivant destiné à évoluer afin de ne pas être perçu dans la tête des gens comme seulement un morceau de folklore. En tant qu’artiste qui aborde la famille d’un point de vue féministe, ses rapports entre humains, mais aussi entre régions, je crois que je peux, avec ma nouvelle création, laisser une trace inspirante pour les hommes des générations qui me succèdent.
Prix reçus:
Meilleure émission de variété sur NousTV (Cogéco), les soirées MicrobrasseRire (2018)
Prix du jury au Festival du rire d’Yssingeaux en France (2013)
Sélection du ROSEQ pour Les Entrées en scène Loto-Québec (2012)
Sélection des Offices Franco-Québécois pour la Jeunesse et la Délégation générale du Québec à Paris aux week-ends de la jeune scène québécoise (2012)
Bourses obtenues:
Office Franco-Québécois pour la Jeunesse, Programme Action-développement, volet art et culture (2011)
Office Québec Wallonie-Bruxelles pour la Jeunesse, Programme Engagement citoyen (2008)
Fonds Bas-Saint-Laurent pour les arts et lettres, tournée MRCi pour tous (CALQ, 2007)